C’est une affaire qui a marqué l’actualité de l’espionnage en Europe il y a quelques années. Un professeur franco-israélien et ex-président de la Chambre de Commerce Israël-France, a été la cible d’une opération de surveillance orchestrée par les services de renseignement iraniens.
Voici les points clés pour comprendre ce dossier :
1. La cible :
C’est un expert reconnu en intelligence économique et en veille technologique, enseignant dans une Business School. En raison de son profil de haut niveau, de sa double nationalité et de son rôle de lien économique entre la France et Israël, il a été identifié par l’Iran comme une cible stratégique.
2. L’espion : Haidar Syed Mustafa
En 2017, un ressortissant pakistanais nommé Haidar Syed Mustafa a été jugé à Berlin pour espionnage.
* Mission : Il travaillait pour l’unité Al-Qods (la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens).
* Surveillance : Entre 2015 et 2016, il a suivi un professeur à Paris et dans la Business School, prenant des centaines de photos et de vidéos de ses déplacements, de son domicile et de ses habitudes.
* Objectif : Selon l’accusation, cette collecte d’informations servait à préparer des cibles pour d’éventuelles attaques de « représailles » en cas de frappes israéliennes contre l’Iran.
3. L’issue judiciaire
Le procès a révélé que le professeur franco-israélien n’était pas la seule cible ; Reinhold Robbe, l’ancien président de la Société germano-israélienne, était également surveillé.
* En mars 2017, Haidar Syed Mustafa a été condamné par la justice allemande à 4 ans et 3 mois de prison.
Pourquoi est-ce important ?
Ce dossier est souvent cité comme un exemple concret de la manière dont les services iraniens utilisent des agents « proxies » (des ressortissants tiers, ici un étudiant pakistanais) pour mener des opérations de repérage sur le sol européen contre des personnalités de la société civile liées à Israël.
Le Professeur franco-israélien a par la suite témoigné publiquement sur cette affaire, affirmant que cela ne l’empêcherait pas de poursuivre ses activités professionnelles et son engagement pour les relations franco-israéliennes.
LE PLUS.
* Origine : Ressortissant pakistanais arrivé en Allemagne avec un visa d’étudiant.
* Recrutement : Il aurait été approché et recruté par les services iraniens lors d’un voyage en Iran en 2011.
* Couverture : Il menait une vie en apparence banale d’étudiant à Brême, ce qui lui permettait de voyager dans l’espace Schengen sans attirer l’attention des services de sécurité.
L’enquête a démontré une surveillance méthodique et quasi-professionnelle, bien que Mustafa ne soit pas un « officier » de carrière :
* Fichiers numériques : Lors de son arrestation, les autorités ont découvert des dossiers complets sur ses cibles, contenant des centaines de photos et de vidéos.
* Repérages : Il se rendait physiquement à Paris pour surveiller le Professeur. Il a documenté les trajets entre son domicile et laBusiness Shool, notant les horaires, les entrées du bâtiment et les dispositifs de sécurité.
* Discrétion : Il utilisait des techniques de « filature » classiques pour ne pas être repéré par ses cibles tout en accumulant des détails logistiques précis.
En mars 2017, le tribunal de Berlin l’a condamné à 4 ans et 3 mois de prison pour « activités d’agent à des fins d’espionnage ».
LE PROCUREUR.
Dans le cadre du procès de Haidar Syed Mustafa (l’espion pakistanais agissant pour le compte de l’unité Al-Qods de l’Iran), le procureur fédéral qui a mené l’accusation devant le tribunal régional de Berlin en 2017 était Michael Greven.
Voici les points notables concernant son rôle dans l’affaire :
* L’acte d’accusation : Michael Greven a soutenu que Mustafa n’était pas seulement un observateur passif, mais qu’il constituait des dossiers précis (photos, vidéos, plans de transports) destinés à faciliter des attentats en cas de conflit ouvert entre l’Iran et Israël.
* Les preuves : Le procureur a mis en avant les « PowerPoint » détaillés retrouvés chez l’accusé, qui analysaient les failles de sécurité autour du Professeur français à Paris et de Reinhold Robbe à Berlin.
* La qualification des faits : Il a décrit Mustafa comme un agent de renseignement travaillant pour une puissance étrangère, soulignant que l’unité Al-Qods considérait ces personnalités civiles comme des cibles stratégiques de « rechange ».
Le travail du procureur Greven a conduit à la condamnation de Mustafa à 4 ans et 3 mois de prison en mars 2017.
Michael Greven est effectivement une figure identifiée dans le système judiciaire allemand, bien qu’il ne soit pas une « célébrité » au sens médiatique du terme. Sa notoriété repose principalement sur sa fonction et les dossiers sensibles qu’il a traités.
Voici ce qu’il faut savoir sur son profil :
1. Un procureur fédéral (Bundesanwalt)
Il ne s’agit pas d’un simple procureur local. Michael Greven agit en tant que représentant du Parquet fédéral allemand (Generalbundesanwalt). Cette institution est chargée des affaires les plus graves touchant à la sécurité de l’État, notamment :
* Le terrorisme international.
* L’espionnage pour le compte de puissances étrangères.
* Les crimes de guerre.
2. Spécialiste des dossiers de sécurité nationale
Son nom apparaît régulièrement dans la presse allemande et internationale lorsqu’il s’agit de poursuivre des agents étrangers sur le sol allemand.
* L’affaire Mustafa Haidar est l’un de ses dossiers les plus emblématiques car elle a révélé les méthodes de l’unité Al-Qods en Europe.
* En tant que procureur fédéral, il a pour mission de démontrer non seulement le crime individuel, mais aussi le lien avec des structures étatiques étrangères (comme les services de renseignement iraniens), ce qui donne à ses réquisitoires une dimension géopolitique.
3. Une image d’expert rigoureux
Dans les comptes-rendus d’audience (notamment ceux du Spiegel ou du FAZ), il est décrit comme un magistrat technique et précis. Son rôle est de transformer des informations souvent issues des services de renseignement (BfV ou BND) en preuves admissibles devant une cour de justice, ce qui est un exercice juridique complexe.
Pourquoi est-il « connu » ?
Il est connu dans les cercles spécialisés :
* Renseignement et diplomatie : Ses dossiers entraînent souvent des expulsions de diplomates ou des tensions entre Berlin et des pays comme l’Iran ou la Russie.
* Journalisme d’investigation : Il est une source d’information clé (via ses communiqués officiels) pour les journalistes suivant les questions de sécurité intérieure en Allemagne.
Le procureur Michael Greven est toujours actif au sein de la magistrature fédérale.
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