Les cyberattaques contre Israël se multiplient, le système de santé particulièrement vulnérable
Israël se place au troisième rang mondial des pays les plus visés par des cyberattaques et en première position au Moyen-Orient et en Afrique, avec plus de 20% des attaques


Quatre ans après l’attaque contre l’hôpital Hillel Yaffe, les failles du système de santé israélien demeurent béantes. Depuis les événements d’octobre 2023, le cyberespace israélien est devenu un véritable champ de bataille : 3 380 cyberattaques ont été recensées d’ici la fin de l’année, soit une hausse de 150% par rapport aux périodes précédentes. Plus de 800 d’entre elles présentaient un « potentiel de dommage significatif », a rapporté ynet.
Le Microsoft Digital Defense Report 2025 place Israël au troisième rang mondial des pays les plus visés, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, et en première position au Moyen-Orient et en Afrique, avec plus de 20% des attaques régionales. L’Iran reste l’adversaire le plus actif : environ 64% de son activité cyber est dirigée contre Israël, avec des objectifs multiples, collecte de renseignements, perturbation de services, campagnes de propagande.
Les méthodes restent classiques mais redoutablement efficaces : exploitation de failles techniques, identifiants compromis issus d’autres piratages, ou simples campagnes de phishing permettant un accès direct aux systèmes internes. Malgré le rôle croissant des États, l’appât du gain domine : dans 80% des cas, les pirates cherchent à voler des données, et dans plus de la moitié, à extorquer de l’argent via des rançongiciels.
Pour Amir Preminger, CTO de l’entreprise israélienne Claroty, spécialisée dans la protection des infrastructures critiques, l’ampleur des attaques exige un sursaut. Selon les données compilées par son équipe, 136 attaques ont été revendiquées en trois ans, dont 34 visaient directement des infrastructures essentielles et 8 ciblaient des organismes de santé. « Les hôpitaux sont exposés comme n’importe quelle organisation, mais la digitalisation massive les rend encore plus vulnérables », avertit-il.